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BETONS:
Après avoir étudié l'être humain, de l'intérieur, je l'observe
maintenant de l'extérieur. Je le place dans notre monde contemporain où l'on
bétonne à tout va des terres arables, où l'on déforeste... pour dénoncer
cela, j'emploie des matières mortes (le sable, le béton, des vitres, etc.).
Le sable coloré et travaillé à la façon des peuples africains, artisanalement
, rappelle la part naturelle de l'homme et donne l'espoir que sur ce sable la
terre peut refleurir. Ces sculptures sont des mises en garde. Les mutants en
bronze mi- hommes mi-bestioles à leur sommet ou dans des aquariums qui
regardent d'un air désolé vers le passé de la planète, sont là pour nous
prévenir. (il était une fois la terre, le ciel, le soleil, l'impossible retour...)
IDOLES:
Malgré tous les outils du multi-média, il y a toujours une part archaïque
qu' on devrait préserver en l'homme contemporain. Ces idoles pourraient-être
celles d'une civilisation disparue... les formes des sculptures évoquent un
déjà-vu, elles parlent à notre inconscient collectif. Pour moi, elles sont le
lien entre l'homosapiens et l'homme d'aujourd'hui, mais ici leur visages sont
faits de béton et galets... elles n'ont plus l'unicité originelle. L'homme est
schizophréne dans son monde contemporain, aussi il présente à la société un
extérieur policé en bronze, une sérénité d'airain et un visage
intérieur, décomposé et friable dans le temps car le béton ne dure pas. Ces
PETITES PRINCES et GRANDS ROIS sont près de leur déchéance d'êtres humains.
Claude Cehes
« avec les mutations, l'artiste a recours à des matières dont elle revendique la potentialité symbolique : le béton en relation étroite avec nôtre temps, le sable intemporel avec lequel tout renaît et le verre. Dans ce qui se veut tour à tour urne funéraire et heaume, le sable coloré est traité à partir de techniques populaires. Le passé et le futur cohabitent tout comme dans les idoles du futur dont les inclusions de galets dans du ciment sont conçues comme des structures archaïques de l'humain. Ces sculptures transgressent tout académisme pour atteindre l'humain toujours renaissant ; »
LYDIA HARAMBOURG.LA GAZETTE DE DROUOT.1999
« Les idoles du futur, en bronze, ciment, galets ou ardoise gravée s'imposent comme les traces archéologiques d'un monde à venir et qui aurait peut-être déjà vécu... Elles portent en elles un symbolisme fondateur, constituant de l'être humain, qui l'accompagnera au cours des siécles. Cehes nous parle ici de la transmission et de la mutation d'une humanité en gestation pour un nouvel accomplissement. »
LEA VALENTE.JOURNAL DU PAYS D’EN-HAUT. SUISSE. 2000
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